30 janvier 2009
Au mégaphone.
Je ne sais pas.
(...si vous saviez comme ça soulage !)
Je pense à toutes ces choses qui se bousculent en moi depuis longtemps maintenant, ces mots contenus qui depuis des mois balbutient à peine sous le silence dont je m'enveloppe, ces pages remplies de phrases adressées à des yeux qui ne les liront jamais, toujours les mêmes yeux. Je pense à tout ce que je n'ai jamais dit aux gens que je ne leur dirai peut-être jamais. Et j'ai envie de hurler pour qu'ils m'entendent de l'autre côté des kilomètres qui nous séparent, mais c'est un hurlement informe qui ne parvient pas à trouver les mots dans lesquels prendre corps, les mots dans lesquels se trouver lui-même pour donner enfin naissance à sa propre vérité. Car je sens la vérité cogner sous ma poitrine, mais dans l'absence de mots elle demeure aveugle et quand j'ouvre la bouche pour parler, l'air ne résonne finalement que d'un long soupir d'impuissance. Les yeux fendus j'entends pourtant une phrase tourner dans ma tête, toujours la même, avec la même violence brisante ; mais c'est une phrase tellement connue qu'elle est aussi aveugle que l'expérience nue, et je me sens incapable de la prononcer, parce que si je l'entendais sortir de ma gorge, je crois que j'aurais plus que jamais le sentiment insupportable de me taire.
Cette phrase commence par un prénom.
Commentaires
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=171070&pid=12282146
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :