Altawabi's blog II

Naissance d'un nouveau blog, d'un nouveau chez-moi. D'un nouveau moi ? Non. Jamais. Je suis ce que je suis et ce que je traine derrière moi, hein. Comme toujours. Ça, ça n'a pas changé, et ça ne changera pas. Non, c'est juste que... je déménage.

22 janvier 2009

C'est fragile

Demain, partiel de philo générale. Je n'ai pas énormément révisé, et je m'en fous presque. J'ai eu ma mère au téléphone tout à l'heure, qui m'a appris qu'un petit cousin m'est né à Moscou en début de semaine. Maxime. Mon premier petit cousin, à moi qui n'aurai jamais de neveux ou de nièces. Et ça me fait tout drôle. Je n'arrive pas à m'enlever de la tête de vagues images de naissance, il y a du sang, j'ai du mal à voir le visage de la mère, le gamin crie en sentant l'air entrer pour la première fois dans ses poumons, j'ai envie de lui dire courage petit gars, bêtement des larmes pointent presque dans mes yeux toujours trop secs, et je souris et j'ai envie de rire à la fois, tu verras Maxou la vie ça vaut le coup, ouais on dirait pas comme ça hein, à première vue ça donne pas trop envie, mais tu verras... Oh c'est clair ce sera pas drôle tous les jours, y'a des fois t'auras envie que ça s'arrête et tu maudiras ta mère de t'avoir donné le jour, comme tout le monde, y'aura la peur de la mort et les jours où on flirt avec elle, y'aura le chagrin, la solitude, et puis l'ennui. Mais y'aura la joie, aussi. Et puis c'est même pas une question de compensations après tout, ça rime à rien de faire de compte des plaisirs et des peines. Mais je sais pas. Parfois tu marcheras tout seul dans une rue qui sera peut-être froide, peut-être que tu auras des pensées heureuses, ou bien une espèce de vide lancinant sous ta poitrine, des larmes retenues ; mais tu sentiras le vent dans ta figure et tu te diras : je suis en vie ; tu sentiras le sel de tes larmes sur le bord de tes lèvres, et tu te diras : je suis en vie ; tu sentiras un sourire crisper malgré toi les traits de ton visage, et tu te diras : je suis en vie. Et ça te semblera tellement dingue et tellement fragile que t'auras envie de serrer de toutes tes forces le vent dans ton poing, joyeux ou triste, tu mordras dans la joie ou la tristesse à pleines dents. Et tu verras, même si le bonheur c'est une arnaque, tu te diras, toi aussi : ça vaut le coup, d'être vivant. Juste vivant.

Bienvenue sur terre, p'tit gars !



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