08 novembre 2008

Alors, je serais finalement restée cette petite enfant ingénue qui connaissais trop bien le bonheur, et surtout l'aimais trop, d'un amour féroce et incontrôlable, pour savoir le frôler sans devenir blême et sentir une rage insensée m'envahir. Alors, cela n'aurait finalement pas changé, ces élans intérieurs, ces fulgurances de mon être auxquels je ne savais qu'adhérer toute entière, infiniment éloignée des froideurs de l'esprit, et qui me transportaient de la hargne des désirs insatiables à la jouissance de ces instants où je pouvais goûter à ma vie. Alors, cela existerait encore, les larmes que l'on verse pour de mauvaises raison, les larmes injustifiables, belles et terribles, intarissables larmes de bonheurs et de gouffres mêlés, sorties tout droit de ces profondeurs que l'on nous apprend à taire. Alors, cela existerait encore, le rire puissant du ciel dans les arbres rouges de l'automne, le rire amer et pur des promenades solitaires où le désir vous mord à l'âme dans le soleil déclinant, morsures qui agitent le sang et vous laissent bouillonnant de vie ouverte, d'envie, de joie, de rage joyeuse. Alors, il serait encore temps de libérer le corps du tombeau de l'esprit, de ne plus croire aux sages préceptes de désespérance, et de croquer à nouveau aux frustrations dorées de l'enfance, où seules affleurent les griffes avides de l'espoir insensé, du bonheur.

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