Altawabi's blog II

Naissance d'un nouveau blog, d'un nouveau chez-moi. D'un nouveau moi ? Non. Jamais. Je suis ce que je suis et ce que je traine derrière moi, hein. Comme toujours. Ça, ça n'a pas changé, et ça ne changera pas. Non, c'est juste que... je déménage.

31 août 2008

(Et ces pêches, qui mûrissaient trop vite, beaucoup trop !
Bientôt, il devait n'en rester plus que le noyau.

Qui a cru avoir des certitudes
N'en avait jamais eu aussi peu.

Que le cœur retrouve sa mémoire de cœur,
Cet imbécile qui s'était pris pour la Raison !)

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30 août 2008

Je n'écrirai pas de philosophie. Jamais. - Ou alors, je n'en n'écrirai plus.
Il s'agissait, peut-être, d'apprendre à supporter l'incertitude.
Pourquoi me souviens-je de cette phrase ?
- Moi, je ne suis même pas sûr de l'avoir aimée.
Tout à coup, ce que j'avais voulu ériger en certitude ultime, la dernière, vacillait.

Et les accordéons, déjà. C'est eux qui m'ont consolée,
- j'allais dire : j'en suis sûre,
mais je ne suis sûre de rien -
peut-être, en partie, à cause de ces mots dont je me rappelle,
la voix de ma mère entre les murs les plus lointains de l'enfance,

Moi
qui l'aimais tant
je le trouvais le plus beau de Saint-Jean
Il ne m'aime plus
c'est du passé
n'en parlons plus

C'est du passé, n'en parlons plus
Mais on parle toujours du passé, on ne parle que de cela
On le voit partout, il s'installe au beau milieu du présent, et on ne le reconnaît même pas.

Moi
qui l'aimais tant
je le trouvais le plus beau de Saint-Jean
Il ne m'aime plus
c'est du passé
n'en parlons plus

Il n'y a que cette phrase dont se souvenait ma mère,
Et je ne crois pas au hasard.
Dans ces mots je vois le fantôme d'un homme dont mes seuls souvenirs sont sans visages
Un homme que je ne reconnais pas dans les cadres à photo
Qui semble avoir pris la place de Dieu sous la poussière
Ou quand cette femme pleure le soir de Noël, de toute sa maigreur cachée
Des larmes que je ne comprends pas
On ne tue pas l'absence, que pourrait bien la mort contre elle ?
- Elle peut la rendre éternelle
Des larmes, que je voudrais sécher à coups de marteau
Sur leurs crânes pétris d'illusions,
D'illusions qui me crèvent les yeux.
Ils ne savent même pas ce qu'ils pleurent

(Les mots ne s'entremêlent pas assez.
Il leur manque cette capacité à dire l'infinie complexité, des liens
innombrables
qui existent entre les souvenirs)

Je crois que ce quai de gare gravé entre les pages du petit carnet rouge
En est un autre, aussi
Je ne vis pas la vie mais seulement ce qui ressemble à ces chansons trop entendues
que je confonds avec moi
Je ne vis pas la vie, mais seulement ma vie
Et je prends le dedans pour le dehors, le passé pour le présent
le présent pour le passé
- si tant est qu'une différence existe entre ces contraires -
Je me trompe.

Cette image que j'aimerais cacher de l'autre côté de ma honte,
Vous savez, celle que l'on lit dans tous les livres, dans toutes les âmes peut-être
Ces trains qui partent.
Cette image, me hante.
Le train pour Paris,
Et là-haut dans mon ciel ces drôles de trains qui passent
Ces envies de monter dans le premier train pour nulle part, tu sais
Et même dans la réalité, ce seul été,
Paris-Quimper, Quimper-Paris, Paris-Corcelles, Corcelles-Bellagio, Bellagio-Corcelles, Corcelles-Quimper, Quimper-Rennes, Rennes-Paris ; et ça n'est pas fini
Sans oublier les autres, ceux qui arrivent, et qui repartent
(Et qui manquent)

Lui. - Quand est-ce que tu reviens ?
Moi. - Je ne sais pas.
Elle. - Tu vas me manquer. (!...)
Moi. - Je sais.

(Confusions innommables.)

Moi
qui l'aimais tant
je le trouvais le plus beau de Saint-Jean
Il ne m'aime plus
c'est du passé
n'en parlons plus

Le train, ce lieu où l'on est terriblement seul,
parce que nulle part
Près d'une fenêtre, pour voir le paysage changer plus vite que la vie
Les formes de la Terre, l'image de cet homme qui voudrait la serrer contre lui
Précipitation sur les écouteurs
La musique, connue, pour nous bercer quand le temps file en accéléré
Angoisse
Non ce n'est que le train, mais si la vie aussi... ?
(Les accordéons)



Adieu les gens, je pars content
(Et le cœur qui cogne avec l'accélération de la musique.)

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25 août 2008

- Tu te souviens de l'histoire de la figue ?

"La vie est une figue pourrie, grouillante de vers, pétrie de moisissures, dont l'odeur pestilentielle n'est qu'un pâle avant-goût de la saveur, entre toutes répugnante - et moi, moi je veux mordre dedans de toute la force de ma misérable mâchoire, y briser jusqu'à mon dernier croc, sentir brûler sur mes papilles jusqu'à la dernière particule de sa chair infâme. Et aimer ça !"

Je pars demain. Je n'ai jamais aimé partir, de nulle part, même des endroits que je déteste.
Et pourtant, toutes ces choses qui n'ont pas bougé ici, cela me fait peur. Je suis contente de les avoir quittées ; de ne pas les retrouver quand je reviens. Contente que tant de choses dans ma vie aient changé mille fois, quand la leur semble n'avoir pas bougé.
Je me suis rarement sentie aussi écartelée. Il est inévitable qu'un petit bout de moi soit resté coincé ici, sur un rocher couvert de moules. Et il me semble qu'il y en a tant d'autres un peu partout, c'est vrai : je ne suis nulle part.
Alors, oui : je m'en sens un peu perdue, ou fragile peut-être, vaguement en danger, comme sans garde-fou si je venais à tomber ; mais, tellement libre, aussi...

- Cette vague angoisse en regardant les fusées exploser magnifiquement sur le ciel noir ; c'est cela la vie, tu crois ?

(Et les accordéons, les accordéons.)

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21 août 2008

Ce blog est une plaisanterie.

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16 août 2008

Le ciel est rouge et j'entends les chiens qui aboient, le vent qui siffle dans les branches. Peut-être est-ce enfin l'heure où le Rhinocéros mange les petits enfants, au bord de la falaise. Si je me cache ici, je le verrai peut-être.

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13 août 2008

Non mais enfin, voilà. (Je n'ai rien à dire pour ma défense.)


Têtes Raides - Civili


Têtes Raides - L'identité


Têtes Raides - Ici


Têtes Raides - Je chante - Emily


Têtes Raides - Gino


Têtes Raides - Ginette

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11 août 2008

(Je n'aime pas la pluie qui tombe par ici. Ni ces vieilles lumières, de l'autre côté la fenêtre.)

Je ne sais pas très bien ce que c'est, après tout ; on dirait l'archet d'un violon, auquel il ne reste plus qu'un crin. J'imagine qu'il a terriblement peur que ce dernier crin ne se brise, pour ce silence qu'il garde, posé sur les cordes du violon impassible ; il brûle de tirer de l'instrument une plainte éloquente, j'en jurerais (à moins que ce ne soit moi que ce désir fait trembler pour lui.) Il lui suffirait de se laisser glisser sur la corde, avec une pression dont il a le secret ! Mais il ne frémit pas, et le violon retient son souffle.

Ma gorge se serre, comme si le crin unique, immobile sur le fil tendu du silence que lui seul a le pouvoir de rompre, s'enlaçait par un pouvoir étrange, qui n'a peut-être pas tout à fait rien à voir avec l'imagination, autour de mon cou nu. Je ne peux le quitter des yeux. Il me semble que le moindre battement des mes paupières ne serait pas une erreur sans gravité. Cependant, je ne comprends pas bien pourquoi. L'idée me vient qu'au lieu d'un crin, il pourrait s'agir de ce cheveu que Dieu a oublié sur la Terre, qu'un dernier remord retient de divulguer son secret. Sans doute, d'ailleurs, n'ai-je pas envie de savoir. Je préfère me boucher les oreilles. Dieu est libre et ses amours ne me regardent pas.

Mais est-ce bien un archet, après tout ? Et ce silence, qui s'évertue à tuer les oiseaux (on le sait bien), faut-il l'en rendre coupable ? Je n'en sais rien, après tout. Je ne sais rien, il faut bien l'avouer. Prenez cela comme un aveu sincère, je vous en supplie ; même si cela n'y ressemble pas. Ce n'est qu'une vieille habitude de ne pas dévoiler ses faiblesses sans un peu de tension défensive ; oh ! pardonnez-moi, pardonnez-moi. Ceux-là qui ont lu tous les livres... je ne sais s'ils ont connu la chair, ni s'ils l'ont trouvée triste, ou gaie ; il est vrai que je l'ai parfois trouvée triste. Mais moi, je ne sais rien, enchaînée au sort de cet archet immobile qui, peut-être, n'existe pas ; je n'ai jamais lu un livre, et la chair me fait peur - autant que je l'aime, aussi triste qu'elle soit, parfois (car elle ne l'est pas toujours, à n'en pas douter.)

Après tout, peut-être suis-je une grenouille pensante.

Ont-ils trop vu les miroirs... il est vrai que je ne les ai pas dissimulés, peut-être aurais-je dû. Je me demande bien ce qu'ils ont pu voir dedans ; j'ai peur de n'y avoir pas mis d'assez belles images. Non, je veux dire : d'assez vraies. Je crois que je boite. Depuis que j'ai découvert que les autres étaient libres et que la Terre était trop grande pour la serrer dans mes petits bras, je me suis tue. J'ai peur de deux choses. De blesser le monde par un mot déposé sur la mauvaise pierre (Dieu, cet imposteur, sait mes maladresses, les plus impardonnables...) ; et d'entendre un violon grincer de rire - de ces rires qui vous nient. Le monde nous a tous abandonné. Il a eu bien raison. Je crois que toi aussi, tu n'es plus qu'un fantôme.

Peut-être pourtant que si l'archet glissait sur les cordes, cela ne grincerait pas.
Peut-être mes aveux seraient-ils pardonnables.

Mais, le silence...
 

Posté par Altawabi à 23:18 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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