Altawabi's blog II

Naissance d'un nouveau blog, d'un nouveau chez-moi. D'un nouveau moi ? Non. Jamais. Je suis ce que je suis et ce que je traine derrière moi, hein. Comme toujours. Ça, ça n'a pas changé, et ça ne changera pas. Non, c'est juste que... je déménage.

01 avril 2008

Des crépuscules blancs...

J'avais le sentiment de quelque chose d'inhabituel hier en sortant du métro place du Général Catroux, devant les portes de l'Université. Sans parvenir à cerner quoi pourtant. J'essayais de chasser cette pensée, comme persuadée que cela ne pouvait venir que de moi.
Et puis d'un coup, j'ai vu ce qui avait changé.
Les arbres avaient des feuilles. Des feuilles d'un vert vif, qui coloraient soudainement l'atmosphère. Quatre jours à peine sans mettre les pieds sur cette place, et ils avaient eu le temps de défigurer l'endroit. Comme ça, sans prévenir.

L'hiver, saison de l'art serein, l'hiver lucide

- a finalement laissé place à un printemps pluvieux
mais que je ne qualifierais pas de maladif
(n'en déplaise à Mallarmé.)

Tellement de choses dont je voudrais parler, les doutes qui reviennent ; cette sobriété nouvelle des rapports humains, comme la conscience que le meilleur n'est peut-être pas là où je l'ai toujours cru ; cette facilité nouvelle qui m'étonne beaucoup à travailler le grec, cette antique liberté que j'envie en rêvant aux citoyens des cités d'alors, cet autre monde simplement où j'essaye tant bien que mal de me promener en pensée ; ces moments qui vous extirpent brutalement de vos rêveries, la conscience alors que malgré ce que l'on peut dire le bonheur c'est bien quand elles nous voilent la réalité ; que Breton a raison, travailler ce n'est que condamnable, le travail ne sera jamais la liberté, même dans le meilleur des cas ce n'est que l'aliénation à un but vers lequel tendre.

Je n'aime pas les buts, les objectifs. Ils dénaturent le présent.
Il gâchent les promenades, les livres, les pensées, l'écriture, la couleur des minutes qui passent.

J'ai le souvenir d'une question, que je sais m'être déjà posée bien des fois, que j'ai relue récemment sur d'autres pages, dont j'ai reconnu la détresse, et à laquelle - à mon grand désarroi - je n'ai pas su répondre.
Comprenez, y répondre dans l'absolu n'a aucune importance. L'importance, c'est de savoir les mots à déposer pour ceux qui la vivent.
"Que fais-tu sur cette Terre, petite ?"
J'entends Maxime qui chante, mais les vers seraient trop redondants à citer ici, je les garde pour plus tard.
Je voudrais transformer la question.
Aujourd'hui, je ressens le problème différemment.
Ce n'est pas de savoir pourquoi, qui manque. C'est au contraire l'obligation de ce pourquoi qui est en trop.
Comprenez : il faut faire un choix. Il faut être là pour quelque chose, et choisir pour quoi. Il faut, justement, avoir quelque chose à faire sur cette Terre. Le monde ne nous permet pas de vivre autrement, de vivre comme ça, pour rien - juste pour vivre.
Ç'en est trop. Lâchez-moi donc ! Je hais ce verbe, il faut.
Ecoutez seulement :
"Je suis là pour tourner autour de cette Terre
Tant que je suis vivant..."

 

La musique, elle, reste encore - parce qu'il n'y qu'à se laisser porter - si ça pouvait être partout pareil !...
Je voudrais pouvoir lire un livre juste pour le lire, sans penser à ce qu'il faut que j'en retienne. Je voudrais pouvoir me promener dans un musée dans la confusion de sentiments que cela m'inspire, sans me sentir obligée d'y mettre de l'ordre s'il ne s'y met pas de lui-même. J'aimerais pouvoir penser, divaguer, associer les idées le plus logiquement ou le plus illogiquement que cela me plaît, sans avoir à rechercher ni la logique ni la pureté de l'illogisme. Toujours tout pouvoir faire comme je le fais ici : vivre comme j'écris, sans me soucier de l'ordre ni cultiver le désordre, sans me soucier de la valeur, de la fin des choses.

Freedom will never die - Célia, ton titre est si bien choisi.
Sur ces pages est la liberté comme nulle part.
Ou alors, ici seulement aussi vraie que dans la pensée.

Ce samedi après-midi à errer entre les fleurs naissantes et le bleu timide du ciel du printemps, au jardin des plantes. Des mots, des images, des rires, des sourires sans but. Le soleil entre froid et chaud. Paroles, échanges, pensers, des phrases déjà entendues qui reviennent. Je n'oublierai pas. Apaisement dans la vie qui se laisse vivre. Comme ça, pour rien. Elle est là, la vie. Nulle part ailleurs. Je ne compte sur rien mais j'ai autant de quoi dire merci - car c'était aussi m'aider moi-même. Je ne peux pas le faire dans la vie des autres, alors je le fais dans la mienne - pour toi parce que personne ne l'ai fait pour moi, donc autant pour moi que pour toi...

Ces mots encore. Imprononcés disais-je. Pas tout à fait vrai. You're not nothing... J'aurais bien voulu descendre du train... Et il est arrivé que mon spectre prenne un visage inattendu quand je lui parle dans ma tête, même si c'est un visage que je n'ai jamais vu. Ce n'est pas le visage d'un garçon ; ce sont comme ces vieilles amitiés d'enfance qui reviennent à la mémoire et cette petite fille blonde à côté de la brune - la brune que je pourrais appeler moi - qui jouent dans une photographie, avec une bouée sur la plage. Alors il y a un visage qui ressemble à celui-là plutôt qu'à ceux des garçons - et pourtant un visage singulier, comme tout visage - qui se dépose comme un masque sur ma solitude, quelques fois, dans les errements de mes mots intérieurs. Je ne dis plus les choses comme j'ai pu parfois les dire, je ne sais plus que les taire un peu, les laisser affleurer simplement. Mais c'est pour conserver cette force qu'ils perdraient dans la fadeur que sème l'insistance.

Evidemment, il reste toujours cette chanson, et ce train qui ne m'emmènera jamais.
Mais ce n'est pas dans la réalité qu'il faut regarder. Ou pas complètement.

Posté par Altawabi à 21:51 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=171070&pid=8571437

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :